Phebusa
18 Août 2017

L’Amie prodigieuseTitre : L’Amie prodigieuse – Tome 1.

Date de parution : 2014 (Gallimard) / 2016 (Folio).

Autrice : Elena Ferrante.

Editeur : Folio.

Pages : 430.

Naples, fin des années cinquante. Deux amies, Elena et Lila, vivent dans un quartier défavorisé de la ville, leurs familles sont pauvres et, bien qu’elles soient douées pour les études, ce n’est pas la voie qui leur est promise. Lila, la surdouée, abandonne rapidement l’école pour travailler avec son père et son frère dans leur échoppe de cordonnier. En revanche, Elena est soutenue par son institutrice, qui pousse ses parents à l’envoyer au collège puis, plus tard, au lycée, comme les enfants des Carracci et des Sarratore, des familles plus aisées qui peuvent se le permettre.

Durant cette période, les deux jeunes filles se transforment physiquement et psychologiquement, s’entraident ou s’en prennent l’une à l’autre. Leurs chemins parfois se croisent et d’autres fois s’écartent, avec pour toile de fond une Naples sombre mais en ébullition, violente et dure. Des chemins qui les conduiront, après le passage par l’adolescence, à l’aube de l’âge adulte, non sans ruptures ni souffrances.

Formidable voyage dans Naples et dans l’Italie du boom économique, L’amie prodigieuse trace le portrait de deux héroïnes inoubliables, qu’Elena Ferrante traque avec passion et tendresse jusqu’au plus profond de leur âme.

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Une lecture abandonnée

Après avoir aperçu maintes fois L’Amie prodigieuse sur la blogosphère, je me suis laissée tenter par ce voyage à Naples. Néanmoins, une petite appréhension s’est emparée de moi dès le début du livre où j’ai découvert l’index très fourni des personnages. Cela promet un univers complexe pour lequel il faut donc prendre un peu de temps pour rentrer dans l’histoire… Pour ma part, j’ai rapidement décroché suite à beaucoup d’ennui. Je ne suis pas sensible à tous les récits de vie comme cela s’était déjà déroulé avec Beignets de tomates vertes, un autre livre très apprécié sur les réseaux !

Je ne peux cependant pas nier les qualités de ce roman et je comprends tout à fait qu’il plaise à un ensemble de lecteurs. De fait, le prologue est prometteur puisqu’il entretient un certain mystère autour de la disparition d’un des deux personnages principaux. On va ensuite revenir en arrière pour comprendre ce qu’il s’est passé. Par ailleurs, les souvenirs d’enfance sont imprégnés de l’imaginaire propre au jeune âge des deux protagonistes avec, par exemple, l’un des personnages désigné comme un vilain ogre.

Il est donc question de l’enfance d’Elena et de Lila : leur première rencontre, leur quotidien à l’école et en dehors de l’école, etc. Je suis restée très spectatrice de ces différents événements. La complicité des deux enfants, semblables à deux jumelles, peut toucher le lecteur mais aussi le déstabiliser puisqu’on constate rapidement la dépendance d’Elena envers Lila, présentée comme une enfant difficile. Elle vit dans son ombre et serait prête à tout faire pour elle.

Certes, c’est une belle ode à l’amitié mais cette fascination m’a donné l’impression qu’elle repose sur un rapport un peu malsain de dominant / dominé. Certains moments, heureusement, s’associaient davantage à de la tendresse et de la complicité. En tout cas, il est clair que ce n’est pas un roman à suspense où une réelle intrigue est construite. Je pense que c’est le genre de livre qui peut aussi davantage parler aux personnes qui ont gardé des amies depuis leur enfance, ce qui n’est pas mon cas.

Enfin, c’est également un roman sociologique qui peut nous faire voyager et découvrir certains éléments. En effet, j’ai été marquée par l’extrait suivant qui rend compte de la violence du point de vue d’un enfant : « Je ne suis pas nostalgique de notre enfance : elle était pleine de violence. C’était la vie, un point c’est tout : et nous grandissions avec l’obligation de la rendre difficile aux autres avant que les autres ne nous la rendent difficile. » Dans les années 1950, Naples est en plein boom économique. Le quartier où vivent les deux jeunes filles est constitué d’immeubles en béton construits après la Seconde Guerre Mondiale, mais il est aussi fréquenté par la mafia napolitaine. D’ailleurs, j’ai cru lire que Naples était la ville d’Europe où il y avait le plus d’assassinats ; je ne sais pas si la source était sûre mais ça ne donne pas envie d’y aller…

En tout cas, on comprend vite que l’évolution des personnages est conditionnée par leur milieu social. Et dire que la mer, souvent liée à l’idée d’évasion et de liberté, n’est qu’à deux kilomètres de ces deux jeunes filles… Malgré les qualités de ce roman, l’ennui l’a emporté et je ne prenais aucun plaisir à enchaîner les anecdotes d’enfance les unes aux autres. J’ai abandonné le roman à sa moitié et ne compte donc pas lire la suite !

En bref, je n’ai pas été sensible à ce voyage italien qui nous plonge dans l’enfance de deux jeunes filles qui se lient d’amitié pour les années à venir. Je n’y ai pas vu de réelle intrigue, juste un enchaînement d’anecdotes et de bons sentiments qui n’ont pas su m’embarquer.

Phebusa

Un panorama de paysages napolitains liés à l’histoire chez le Nouvel Observateur : Voir le lien.

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