Salon du livre 2013 – Conférence Cat Clarke et le Refuge

Conférence CC

J’ai assisté à la conférence qui a eu lieu dimanche midi au pôle ados du salon du livre 2013. En voici donc un résumé !

Les deux visages du young-adult sont, d’une part, la fiction, et d’autre part, quelque chose qui parle du vrai, particulièrement de choses dures de la vie comme le suicide ou l’homophobie. Il s’agit avant tout de divertir et de faire réfléchir.

Glenn, le directeur de la collection R, a souhaité nous en dire plus sur A Kiss in the Dark, le prochain roman de Cat Clarke, mais celle-ci n’a pas voulu, donc cela restera un mystère pour le moment. On sait juste que ça parle d’amour…

Je vous mets tout de même une traduction personnelle du résumé de ce roman ci-dessous :

[spoiler] Quand Alex rencontre Kate, l’attirance est immédiate.

Alex est drôle, avenant, et un peu timide – c’est tout ce que Kate recherche.

Alex ne peut s’empêcher de tomber amoureux de Kate – mignonne, séduisante et un peu naïve…

Mais l’un d’entre eux cache un secret, et tandis que leur amour s’épanouit, cela menace non seulement de détruire leur couple, mais aussi leur vie. [/spoiler]

S’ensuit la présentation du Refuge, une association française fondée en 2003, dont la vocation est d’offrir un hébergement temporaire et de venir en aide aux adolescents et jeunes adultes abandonnés à cause de l’homophobie. Le Refuge fait aussi un travail de réinsertion professionnelle. Enfin, il y a aussi une prévention de l’homophobie en milieu scolaire et des actions dans les lycées.

On en revient à la fiction, qui peut ramener à la réalité. On fait remarquer à Cat Clarke qu’elle parle dans ses romans des thèmes du suicide, de l’homophobie et de violence de groupe, ce à quoi elle répond qu’elle n’est pas vraiment sûre du message qu’elle veut faire passer. Il n’y a pas précisément de réponses, il s’agit avant tout de soulever des questions. Elle ne s’y connait pas assez en morale et n’a pas la prétention d’en donner une.

Ses livres sont sombres mais ont aussi une lueur d’espoir. Est-ce la meilleure façon de parler de ça ? Cat Clarke répond qu’elle a reçu beaucoup de courriers de fans qui ont été stoppés dans leur envie de suicide grâce à ses livres. Elle ajoute que les adolescents y voient l’espoir et que seuls les adultes les trouvent trop sombres.

On demande ensuite à l’association comment l’un des réfugiés, présent à la conférence, voit les choses. Il déclare qu’il y a beaucoup de discrimination en milieu scolaire mais qu’il faut s’en servir comme une force. Il y a de l’espoir. Le Refuge l’a écouté et c’est surtout cela qui l’a aidé. Il faut montrer aux réfugiés qu’ils ne sont pas seuls, car il n’y a pas de solution miracle, il faut discuter avec les jeunes.

A ce propos, ce type de livres a un intérêt énorme pour les jeunes car cela leur permet de se poser des questions. Cat Clarke confirme qu’il faut les écouter car les parents ne le font pas assez. Un homosexuel a entre 4 à 7 fois plus de risques de se suicider, selon les pays. Alors, question très intéressante : y a-t-il un aveuglement des parents quand ils refusent de donner des livres sur des thèmes durs ? Revanche peut-il permettre aux parents de mieux comprendre les jeunes ? Cat Clarke répond que les parents, ce n’est pas son audience. Elle écrit pour n’importe quelle personne qui veut la lire.

Il faut donc travailler sur le respect de l’autre et sur le rapport entre homosexualité et sexisme. A ce propos, on parle alors de Stonewall, « the lesbian, gay and bisexual charity », qui fait une campagne dont le slogan est « Gay. Let’s get the meaning straight. » Elle s’intéresse au sens même du mot « gay », souvent vu comme péjoratif. Or, la banalisation des mots ne doit pas être une insulte, on ne doit pas recourir à la violence des mots.

Ensuite, on fait la remarque suivante : « Les Américains sont puritains mais sont quand même plus décomplexés car ils osent parler de tout ». Cat Clarke ajoute qu’en Grande-Bretagne, peu de livres abordent des sujets durs, contrairement aux USA.

On demande ensuite à l’auteure de Revanche si son roman est l’inspiration d’un fait réel, ce à quoi elle répond que les détails viennent pour la plupart des réseaux sociaux, particulièrement Facebook, et de faits d’actualité. Revanche, c’est l’histoire d’un Américain qui s’est suicidé après que son colocataire ait mis une vidéo gay de lui sur Internet.

On ajoute que ses personnages féminins sont souvent agaçants et que les secondaires sont plus attachants. Elle déclare qu’ils sont tous des victimes. Glenn déclare qu’il a relu le livre six fois et que, malgré son cœur de pierre, il est touché à chaque fois. Il y a aussi d’autres romans qui abordent des sujets durs avec, par exemple, Nos Etoiles contraires pour le thème du cancer.

Phebusa

Cet article a 11 commentaires

  1. Elle ne s’y connait pas assez en morale et n’a pas la prétention d’en donner une.

    >> Et c’est ce qui me plaît dans ses romans! Merci de ce compte rendu très instructif 😉

    1. Avec plaisir 🙂
      Tu as relevé une des phrases qui me plait le plus dans ce qu’elle a dit !

  2. Merci pour ce compte rendu instructif, vivemant que je lise Revanche !

  3. pas encore lu ses romans pour comprendre mais c'est interessant, merci 🙂

  4. Merci de nous avoir fait un petit compte rendu ! D'autant plus pour ceux qui n'ont pas pu être là c'est vraiment super cool 😀 <3
    En plus c'est vraiment très intéressant. Ca me donne envie de me mettre aux romans de Cat Clarke parce que j'aime ces thématiques et la façon dont elle à l'air de les aborder.

  5. Merci pour ce compte rendu très intéressant!!

    1. 🙂
      Bonne lecture d’avance, alors !

  6. Oui, c'était très intéressant !
    Je pense toujours à vous, hihi <3
    J'ai bien envie de lire un de ses autres romans, après Revanche qui m'a bien plu 🙂
    Faudra voir par lequel tu commences !

  7. Il y en a un qui te tente plus particulièrement ? :p

Répondre à Erika Annuler la réponse