Littérature 01.07.2026

Liste des 76 genres : définitions claires, chiffre non officiel et pronoms à respecter

Phebusa
Liste des 76 genres : pronoms à respecter sur documents.
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La recherche d’une liste des 76 genres part souvent d’une question simple : comment nommer, comprendre et respecter des identités de genre très diverses sans réduire les personnes à une case. Le chiffre 76 circule beaucoup en ligne, mais il ne correspond pas à une classification officielle universelle. Il sert plutôt de repère pédagogique pour découvrir un vocabulaire qui évolue selon les usages, les langues et les communautés.

Avant de parcourir les termes, une précision s’impose : une identité de genre appartient à la personne qui la vit. Les définitions ci-dessous aident à comprendre des mots. Elles ne servent pas à diagnostiquer quelqu’un, à imposer une étiquette ou à remplacer l’écoute directe de la personne concernée.

Genre, sexe, identité et expression : les bases à distinguer

Le sexe assigné à la naissance renvoie généralement à des caractéristiques corporelles ou administratives observées à la naissance. Le genre, lui, désigne une dimension sociale, personnelle et culturelle : il concerne la manière dont une personne se situe, ou non, par rapport aux catégories comme femme, homme, non-binaire ou d’autres identités.

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L’identité de genre correspond au ressenti intime d’une personne. Elle peut correspondre au sexe assigné à la naissance, s’en éloigner, fluctuer, être multiple ou ne pas être vécue du tout. L’expression de genre concerne plutôt l’apparence, les vêtements, la gestuelle, la voix ou les codes sociaux. Une personne peut avoir une expression féminine, masculine, androgyne ou changeante sans que cela indique automatiquement son identité.

Il faut aussi distinguer le genre de l’orientation sexuelle. Le genre parle de qui l’on est ; l’orientation parle plutôt de l’attirance affective, romantique ou sexuelle. Les deux peuvent se croiser dans une expérience personnelle, mais ce ne sont pas les mêmes notions.

Pourquoi parle-t-on de 76 genres ?

Un chiffre pratique, pas une autorité officielle

Le nombre 76 est devenu populaire parce qu’il donne l’impression d’une liste complète et structurée. En réalité, les communautés LGBTQIA+, les chercheurs, les associations et les personnes concernées utilisent des vocabulaires qui changent selon les langues, les cultures et les contextes. Certaines listes comptent moins de termes, d’autres beaucoup plus.

Il est donc plus juste de lire cette liste comme un lexique de sensibilisation. Elle rassemble des identités, des expériences de genre, des termes parapluies, des identités culturellement situées et quelques notions proches qui aident à comprendre le spectre du genre. Tous les mots ne sont pas utilisés par tout le monde, et certains peuvent avoir des sens légèrement différents selon les communautés.

Le genre comme spectre plutôt que comme grille fermée

Penser le genre comme un spectre ne signifie pas qu’il faudrait choisir parmi des dizaines d’options obligatoires. Cela permet plutôt de reconnaître que l’expérience humaine ne se résume pas toujours à deux catégories fixes. Certaines personnes se sentent pleinement femme ou homme, d’autres entre les deux, en dehors, dans plusieurs genres, ou dans une relation mouvante au genre.

Une image utile consiste à voir ce vocabulaire comme un pont entre deux rives : d’un côté, l’expérience intime parfois difficile à formuler ; de l’autre, le langage partagé qui permet d’être compris. Plus les mots sont précis, avec des nuances et des repères comme le respect des pronoms, moins les personnes ont besoin de se justifier ou de se rendre invisibles dans les espaces sociaux, médicaux, scolaires ou professionnels.

Liste structurée de 76 genres et termes associés

Le tableau ci-dessous propose des définitions courtes. Les termes marqués par une origine culturelle doivent être employés avec prudence : ils ne sont pas de simples synonymes occidentaux de “non-binaire” ou “transgenre”, mais renvoient à des histoires et communautés spécifiques.

Terme Définition courte
1. AgenrePersonne qui ne se reconnaît dans aucun genre ou se vit sans genre.
2. AndrogyneIdentité ou expression mêlant des éléments socialement associés au féminin et au masculin.
3. AporagenreGenre non-binaire distinct de femme, homme ou d’un simple mélange des deux.
4. AutigenreTerme utilisé par certaines personnes autistes pour décrire un rapport au genre influencé par leur neurodivergence.
5. BigenrePersonne qui se reconnaît dans deux genres, simultanément ou selon les moments.
6. BispirituelIdentité autochtone nord-américaine liée à des rôles spirituels, sociaux ou de genre propres à certaines nations.
7. BoyfluxIdentité masculine dont l’intensité varie, de très présente à faible ou absente.
8. ButchExpression ou identité souvent masculine, historiquement présente dans certaines communautés lesbiennes et queer.
9. CisgenrePersonne dont l’identité de genre correspond au sexe qui lui a été assigné à la naissance.
10. DemiboyPersonne partiellement, mais pas entièrement, liée au genre garçon ou homme.
11. DemigirlPersonne partiellement, mais pas entièrement, liée au genre fille ou femme.
12. DemigenreIdentité où le lien à un genre existe de manière partielle ou incomplète.
13. EgogenreGenre très personnel, difficile à décrire autrement que par l’expérience propre de la personne.
14. FemmeIdentité de genre féminine, vécue par des personnes cisgenres, transgenres ou intersexes.
15. Femme transFemme dont le sexe assigné à la naissance ne correspondait pas à son identité féminine.
16. GenderfluidIdentité de genre qui change avec le temps, les contextes ou les ressentis.
17. GenderfluxVariation de l’intensité du genre ressenti, sans forcément changer de genre.
18. GenderqueerTerme parapluie pour des identités qui contestent ou dépassent les normes binaires du genre.
19. Gender non-conformingPersonne dont l’expression ou les comportements ne suivent pas les attentes de genre dominantes.
20. Gender questioningPersonne en questionnement sur son identité de genre.
21. GirlfluxIdentité féminine dont l’intensité varie dans le temps.
22. HommeIdentité de genre masculine, vécue par des personnes cisgenres, transgenres ou intersexes.
23. Homme transHomme dont le sexe assigné à la naissance ne correspondait pas à son identité masculine.
24. IntergenreIdentité parfois utilisée par des personnes intersexes pour décrire un genre lié à leur vécu intersexe.
25. NeutroisGenre neutre, souvent associé à une absence ou une neutralisation du genre.
26. Non-binairePersonne dont l’identité ne se limite pas exclusivement à femme ou homme.
27. PangendrePersonne qui se reconnaît dans de nombreux genres, parfois décrits comme multiples ou très larges.
28. PolygendrePersonne qui se reconnaît dans plusieurs genres, sans forcément tous les englober.
29. TransgenrePersonne dont l’identité de genre diffère du sexe assigné à la naissance.
30. TranssexuelTerme ancien ou médicalisé, encore revendiqué par certaines personnes, à employer avec prudence.
31. TrigenrePersonne qui se reconnaît dans trois genres, simultanément ou alternativement.
32. XénogenreGenre décrit par des métaphores ou concepts non traditionnels, souvent hors des catégories binaires.
33. AliagenreGenre non-binaire spécifique, ni homme ni femme, souvent présenté comme séparé des catégories habituelles.
34. AmbigendreExpérience de deux genres présents en même temps, parfois de façon équilibrée.
35. AnongenderGenre ressenti comme inconnu, indéfini ou impossible à nommer clairement.
36. ApogenderIdentité très éloignée de la notion traditionnelle de genre ou située hors de celle-ci.
37. CassgenrePersonne pour qui le genre a peu d’importance dans l’identité personnelle.
38. CeterogenreIdentité non-binaire spécifique, parfois décrite comme distincte des genres masculin et féminin.
39. ColorgenderXénogenre décrit à travers une couleur, une sensation visuelle ou une palette symbolique.
40. DemifluidIdentité partiellement stable et partiellement fluide.
41. DemifluxIdentité partiellement stable dont une autre partie varie en intensité.
42. DomgenderGenre multiple où un genre domine les autres dans le ressenti.
43. DuragenderIdentité où plusieurs genres coexistent, avec un genre plus durable ou central.
44. Fa’afafineIdentité culturelle samoane liée à un rôle de genre spécifique, distinct des catégories occidentales.
45. Fa’afatamaIdentité culturelle samoane souvent associée à des personnes assignées femmes et à un rôle masculin ou autre.
46. FemgenreGenre lié à la féminité sans correspondre nécessairement à l’identité femme.
47. FluidfluxIdentité où le type de genre et son intensité changent tous deux.
48. GraygenderRapport faible, partiel ou incertain au genre.
49. HijraIdentité et communauté d’Asie du Sud avec des dimensions sociales, religieuses et historiques spécifiques.
50. KathoeyTerme thaïlandais souvent lié à des femmes trans ou à des identités féminines non conformes, selon les contextes.
51. MaveriqueGenre autonome, ni masculin, ni féminin, ni neutre.
52. MascgenreGenre lié à la masculinité sans correspondre nécessairement à l’identité homme.
53. MultigenrePersonne vivant plusieurs genres, de façon stable ou variable.
54. NanogenderGenre dont une petite partie seulement est identifiable, le reste étant autre ou indéfini.
55. NovigenderGenre complexe ou difficile à nommer avec les catégories existantes.
56. OmnigenreIdentité englobant tous les genres ou une très grande multiplicité de genres.
57. QuoigenrePersonne qui ne comprend pas, ne sait pas ou ne souhaite pas définir son genre dans les termes habituels.
58. Third genderTerme général pour des identités reconnues comme autres que femme ou homme dans certains contextes.
59. TravestiIdentité revendiquée dans plusieurs contextes latino-américains et francophones, avec des dimensions de genre et politiques.
60. Two-spiritTerme anglais proche de bispirituel, réservé aux personnes autochtones concernées.
61. MuxheIdentité zapotèque du Mexique, liée à un rôle de genre culturellement spécifique.
62. WariaIdentité indonésienne associée à des expériences féminines ou transféminines selon les contextes.
63. Akava’ineIdentité des îles Cook liée à des rôles féminins ou de genre distincts.
64. BaklaTerme philippin complexe, lié à la féminité, au genre et parfois à la sexualité selon les usages.
65. CalabaiIdentité bugis d’Indonésie, souvent décrite comme une catégorie de genre distincte.
66. CalalaiAutre identité bugis d’Indonésie, liée à un rôle de genre spécifique.
67. BissuRôle bugis traditionnel associé à une dimension spirituelle et à une position de genre particulière.
68. SekhetTerme historique parfois cité pour évoquer des variations de genre dans l’Égypte ancienne, avec prudence.
69. MetagenreGenre qui dépasse ou englobe les catégories de genre ordinaires.
70. ChaosgenderGenre vécu comme changeant, difficile à prévoir ou impossible à classer simplement.
71. Astral genderXénogenre décrit par une relation symbolique à l’espace, aux astres ou à l’immensité.
72. NeurogenreTerme parapluie pour des genres liés à une neurodivergence ou à une perception neurologique particulière.
73. Personne transfémininePersonne trans dont le parcours ou l’identité se rapproche de la féminité, sans forcément être femme.
74. Personne transmasculinePersonne trans dont le parcours ou l’identité se rapproche de la masculinité, sans forcément être homme.
75. Gender expansivePersonne dont l’identité ou l’expression élargit les normes habituelles du genre.
76. QueerTerme large revendiqué par certaines personnes pour désigner une identité hors normes de genre ou de sexualité.

Lire cette liste sans enfermer les personnes

Un même mot peut cacher des vécus différents

Deux personnes peuvent utiliser le même terme et ne pas lui donner exactement la même signification. Par exemple, “non-binaire” peut être une identité précise pour l’une, un terme parapluie pour une autre. “Genderfluid” peut désigner des variations fréquentes, rares, prévisibles ou très intimes. Le bon réflexe consiste donc à ne pas transformer une définition courte en règle absolue.

À l’inverse, certaines personnes n’utilisent aucun terme particulier. Elles peuvent simplement dire “je suis moi”, “je ne me reconnais pas dans les catégories” ou préférer ne pas expliquer leur rapport au genre. Le respect ne dépend pas de la capacité d’une personne à fournir une étiquette immédiatement compréhensible.

Attention aux termes culturels

Des mots comme hijra, muxhe, fa’afafine, two-spirit ou bissu sont liés à des histoires, des peuples, des langues et parfois des fonctions sociales ou spirituelles. Les employer comme de simples variantes de “troisième genre” peut effacer leur contexte. Pour parler avec justesse, il vaut mieux préciser leur contexte culturel et éviter de se les approprier lorsqu’on n’appartient pas aux communautés concernées.

Pronoms, accords et inclusion au quotidien

Le moyen le plus simple de respecter une identité de genre est souvent de demander ou d’écouter les pronoms utilisés : elle, il, iel, ael, ol ou d’autres formes selon les personnes. En français, les accords peuvent être sensibles. Certaines personnes préfèrent le féminin, le masculin, l’accord neutre, l’alternance ou des formulations qui évitent l’accord genré.

  • Demander simplement : “Quels pronoms souhaites-tu que j’utilise ?” est souvent plus respectueux que supposer.
  • Se corriger sans dramatiser : en cas d’erreur, une excuse courte et une correction suffisent.
  • Éviter l’interrogatoire : une personne n’a pas à raconter son corps, son histoire médicale ou son intimité.
  • Mettre à jour les supports : badges, signatures mail, formulaires et listes de présence peuvent inclure un champ prénom d’usage et pronoms.
  • Ne pas révéler une identité : mentionner qu’une personne est trans, non-binaire ou autre sans son accord peut l’exposer.

Dans une famille, une classe, une association ou une entreprise, l’inclusion ne repose pas seulement sur les mots. Elle passe aussi par des espaces moins genrés quand c’est possible, des documents administratifs plus souples, une réaction claire face aux moqueries et une attitude constante : croire la personne quand elle dit qui elle est.

Où approfondir avec des ressources fiables ?

Pour aller plus loin, privilégiez les ressources produites ou relues par des associations LGBTQIA+, des collectifs de personnes concernées, des professionnels de santé formés aux questions trans et intersexes, ou des organismes éducatifs reconnus. Les lexiques communautaires peuvent être très utiles, à condition de garder en tête qu’ils évoluent vite et que tous les termes ne sont pas utilisés partout.

Une bonne ressource doit expliquer la différence entre genre, sexe, expression de genre et orientation sexuelle ; signaler quand un terme est culturellement situé ; éviter les définitions pathologisantes ; et rappeler que l’autodétermination reste centrale. La meilleure manière d’utiliser cette liste reste simple : apprendre des mots pour mieux écouter les personnes, pas pour les classer à leur place.