Phebusa
06 Déc 2018

Titre : Piège à la Bastille.

Date de parution : Juin 2018.

Auteur : Catherine Cuenca.

Editeur : Nathan.

Pages : 397.

Paris, juin 1789. Gabriel, jeune apprenti imprimeur, est heureux : il s’apprête à demander la main de son amoureuse Virginie à son père, l’imprimeur qui l’emploie. Or on l’accuse d’être l’auteur d’un pamphlet injurieux contre la reine ! Le voilà arrêté et embastillé. Le pire, c’est qu’il a bel et bien imprimé ce pamphlet… sous la contrainte.
Du fond de son cachot, alors que tout le désigne comme coupable, il ne peut prouver son innocence. Il n’a d’autre choix que de s’évader. Mais peut-on seulement s’évader de la terrible Bastille ?

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Une lecture mitigée

Les romans historiques, ce n’est pas tout à fait ma tasse de thé. Même si je ne dédaigne pas un petit Ken Follett de temps en temps (Les piliers de la Terre, pour ne citer que le plus emblématique), je ne me jetterais pas pour autant dessus à la librairie. C’est un exercice qui me semble difficile car il exige de se documenter soigneusement et d’éviter une certaine naïveté vis-à-vis de l’époque choisie.

Pour ce qui est de la documentation, Catherine Cuenca ne s’est pas moquée pas de ses lecteurs : le XVIIIème est bien rendu, ni idéalisé, ni diabolisé, il y a ce qu’il faut de détails pour prouver qu’elle ne s’est pas contentée d’ouvrir ses livres d’écolière et qu’elle a été chercher de quoi le quotidien était fait à cette époque. Elle évite ainsi certaines naïvetés – pour reprendre le terme utilisé plus haut – telles que les représentations erronées de la Bastille, qui n’était pas le septième cercle de l’Enfer que l’on s’imagine (bon, ça reste une prison, hein, faut pas pousser non plus). Un bon point, donc, parce que de ce point de vue le travail est loin d’être superficiel. Comme je vous le disais, Catherine Cuenca ne s’est pas moquée de ses lecteurs et c’est déjà pas mal.

Pour le reste, je garde de cette lecture le souvenir d’une certaine indifférence. L’écriture elle-même est très soignée, le scénario plutôt cohérent, les personnages aussi. Leur seul défaut, c’est d’être parfaitement oubliables. Sans être maladroits ou d’une paresse crasse, les rebondissements sont assez attendus, amenés par une narration très policée, très lisse, d’une impersonnalité qui ne laisse que peu de place à l’émotion. D’ailleurs, il est difficile de s’attacher aux personnages tellement ils sont monolithiques. Le héros fait bien falot, les amoureux transis sont loin de déchaîner les passions et la méchante ne dégage pas grand-chose. Dieu sait pourtant qu’un bon méchant, ça change la donne (que serait Star Wars sans Dark Vador ?). Ici, même le traître a du mal à tirer son épingle du jeu… Peut-être doit-on cela à une certaine frilosité lorsque le lectorat ciblé est jeune, ce qui est clairement le cas ici (je garde pour moi ce que m’inspire cette frilosité, mais vous n’êtes pas bêtes, vous avez compris à peu près où je me situe).

En bref, ce roman se lit facilement, sans déplaisir, et ravira probablement les lecteurs peu exigeants en recherche d’une lecture pas prise de tête. L’auteure a fait un travail très correct, tant dans la recherche que dans l’écriture, tout ceci manque toutefois trop de relief pour marquer vraiment.

Framboisine

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