Phebusa
01 Déc 2013

LadyDate de parution : août 2013.

Auteure : Hélène Frappat.

Editeur : Actes Sud Editions.

Pages : 317 pages.

Quatrième de couverture :
Laura Kern est hantée par un rêve, le rêve d’une maison qui l’obsède, l’attire autant qu’elle la terrifie. En plus d’envahir ses nuits, de flouter ses jours, le rêve porte une menace : se peut-il qu’il soit le premier symptôme du mal étrange et fatal qui frappa son père, l’héritage d’une malédiction familiale auquel elle n’échappera pas ? D’autres mystères corrompent bientôt le quotidien de la jeune femme, qui travaille pour une agence immobilière à Paris plus un effet secondaire qu’une carrière. Tandis qu’elle fait visiter un appartement de l’avenue des Ternes, Laura est témoin de l’inexplicable disparition d’un enfant. Dans le combat décisif qui l’oppose à l’irrationnel, Laura résiste vaillamment, avec pour armes un poème, une pierre noire, une chanson, des souvenirs… Trouvera-t-elle dans son rêve la clé de l’énigme du réel ? Sur la hantise du passé qui contamine les possibles, sur le charme des amours maudites, la morsure des liens du sang et les embuscades de la folie, Hélène Frappat trace une cartographie intime et (hyper)sensible de l’effroi et des tourments extralucides de l’âme. Des ruines du parc Monceau à la lande galloise, avec liberté et ampleur elle réinvente dans Lady Hunt le grand roman gothique anglais, et toutes les nuances du sortilège.
bonne lecture
Une bonne lecture

J’ai été attirée par la magnifique couverture et le résumé de ce livre qui promet un roman fantastique mais aussi gothique : une malédiction, un rêve, un cauchemar, des fantômes et du malaise. J’ai pu le lire grâce à la rentrée littéraire et à PriceMinister, mais aussi grâce aux éditions Actes Sud que je remercie.

Au premier abord, Lady Hunt relève avant tout d’une expérience d’écriture, plutôt que de lecture. C’est au lecteur de chercher l’énigme, plus précisément le sens. Autant dire tout de suite que ce n’est pas vraiment un roman qui raconte une intrigue haletante et pleine de suspense : au contraire, j’ai plutôt eu l’impression que tout m’échappait et qu’il n’y avait pas de profondeur ! Et pourtant, j’ai persévéré, je n’ai pas abandonné ma lecture car je me suis dit qu’il y avait bien quelque chose à en retirer. Je ne pense pas que tout le monde réagirait comme moi – ce n’est d’ailleurs pas le cas si je me souviens de quelques chroniques négatives – car c’est une écriture très particulière, décousue et déstabilisante.

L’héroïne, Laura, est une jeune femme qui travaille dans une agence immobilière et qui est témoin de phénomènes paranormaux, qui suscitent des hallucinations, des frissons et de l’angoisse. Elle est en fait entourée de secrets qui ne font que la pourchasser, mais elle est aussi sujette à la maladie de Huntington – d’où le titre – qui se traduit par une dégénérescence neurologique. De là s’en suit aussi un récit familial intéressant, même si je me suis surtout attachée à Laura.

C’est d’ailleurs le tourment de l’héroïne qui rend l’histoire captivante ! Cette lecture sort complètement des sentiers battus, elle m’a donné un bon bol d’air. Cependant, la fin de l’histoire me laisse quelque peu sceptique, je ne m’y attendais pas et suis restée sur ma faim. Donc, c’est un roman qui ne respecte pas le schéma narratif traditionnel car je n’ai pas l’impression d’avoir avancé dans l’histoire. Il y a beaucoup de mystères mais peu d’informations.

Finalement, j’en retiens surtout une écriture poétique qui ne touche pas précisément et profondément à quelque chose, à un sens particulier et défini, mais à des non-dits, c’est-à-dire à quelque chose qui reste en flottement : on est bien là dans l’idée d’un cauchemar, d’un mystère et surtout d’un malaise de la part, cette fois, du lecteur. Et au sujet de la poésie, l’héroïne est hantée par un poème, « The Lady of Shalott », qui évoque une légende médiévale.

Ce n’est pas un voyage dans l’imaginaire, contrairement à ce que je m’attendais, c’est un voyage dans l’inconscient. Je pense même que c’est au lecteur de fouiller et d’interpréter les événements. Ainsi, j’ai trouvé cela très original, mais heureusement que j’avais lu quelques avis auparavant car sinon, j’aurais été très déçue de ce roman. Ce n’est pas ce à quoi je m’attendais mais, entre deux, j’ai revu mes attentes et ai su m’adapter à l’écriture de Hélène Frappat. Donc, lancez-vous en tant que lecteur averti ! :)

Note : 15/20

Citation :

« Comment vivrez-vous quand vous connaîtrez votre avenir ? Comment éviterez-vous que votre vie ne devienne un programme ? »

En bref, c’est un livre que je conseille aux lecteurs avides de voyager entre les frontières du rêve et de la réalité. Cependant, je vous mets en garde : le style d’écriture est si original qu’il peut devenir déstabilisant. C’est une histoire qui nous laisse tantôt dans la brume, tantôt dans la perplexité… A vous de vous laisser guider – ou de vous perdre !

Bonus-Pheb


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21 Commentaires

  1. Elodie Rossi

    c'est le 1er avis positif que je lis sur ce roman, mais bon dans tous les cas, j'aime pas couverture et le résumé ne me tente absolument pas, donc je préfère passer mon chemin…

  2. Phebusa

    Ouep, tout à fait, d'où l'idée que le schéma traditionnel (début, blabla, fin) n'est pas trop respecté… Il ne faut pas chercher grand-chose dans l'évolution même de l'histoire, c'est plutôt dans l'effet sur le lecteur, l'écriture, le mal être de l'héroïne… Il faut chercher un peu plus loin. Je me suis donnée du mal :D

  3. anais devisschere

    La couverture me tente pas du tout mais le résumé si, alors je sais pas si je l’acheterais. Je dois bien aimé la couverture et le résumé pour lire un livre, un peu bête tu me dirais mais je pense que l’un ne va pas sans l’autre.

  4. Virginie Ninie Wernert

    J'ai hésité entre ce livre et la garçonnière pour la rentrée littéraire chez priceminister. Tous les goûts sont dans la nature, et comme on dit il ne faut pas mourir bête donc je tenterai peut-être.

  5. angélique

    Livre d’un abord loin d’être aisé et qui mettra vos cellules grises à rude épreuve ! J’aime quand un ouvrage littéraire ou cinématographique ne considère pas que le public est bête à manger du foin ! Je suis très intéressée :)

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