Phebusa
28 Juil 2017

Titre : Pourvu que la nuit s’achève.

Date de parution : 7 Juillet 2017.

Autrice : Nadia Hashimi.

Editeur : Milady.

Pages : 544.

Lorsque Zeba est retrouvée devant chez elle, le cadavre de son mari gisant à ses pieds, il paraît évident aux yeux de tous qu’elle l’a tué. Depuis son retour de la guerre, Kamal était devenu un autre homme, alcoolique et violent. Mais cette épouse et mère de famille dévouée est-elle vraiment capable d’un tel crime ? Présumée coupable, Zeba est incarcérée dans la prison pour femmes de Chil Mahtab, laissant derrière elle ses quatre enfants.

C’est à Yusuf, fraîchement revenu des États-Unis pour régler une dette symbolique envers son pays d’origine, que revient la défense de ce cas désespéré. Mais alors que son avocat l’exhorte à parler, Zeba garde obstinément le silence. Quel terrible secret cache-t-elle ? Qui cherche-t-elle à protéger en acceptant de jouer le rôle du suspect idéal ? Il faudra beaucoup de courage à Yusuf pour braver un système judiciaire corrompu et faire innocenter celle que tout le monde voit déjà pendue haut et court.

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Une excellente lecture
J’ai fait un excellent voyage en Afghanistan avec Pourvu que la nuit s’achève ! La littérature afghane se développe particulièrement depuis la guerre déclenchée en 2001. On y retrouve fréquemment les thèmes de la guerre civile, la mort, l’histoire et la politique du pays. Ce que j’apprécie particulièrement dans les romans de Nadia Hashimi, c’est le fait que l’intrigue se développe à partir de l’histoire d’une ou de plusieurs femmes. Cela permet d’aborder également la condition sociale des femmes afghanes.

Le résumé du roman nous promet un voyage mais également du suspense puisqu’il est question d’une enquête centrée autour d’un meurtre. De fait, une femme afghane est retrouvée à côté du cadavre de son mari. Il paraît donc évident qu’elle l’a tué. Néanmoins, elle ne plaide pas coupable mais ne fait rien non plus pour se défendre. Pourquoi ? Même si un avocat venu des Etats-Unis va souhaiter prouver son innocence, cela promet d’être difficile, surtout en Afghanistan où la justice n’est pas la même qu’en Amérique.

J’ai été particulièrement touchée par l’histoire de Zeba qui est déjà jugée coupable avant même son procès, que ce soit par son village ou sa propre famille. Une femme afghane a-t-elle le droit à la justice, à la liberté ou même à des droits ? Dans Pourvu que la nuit s’achève, on ressent l’idée que la femme afghane pourrait être une menace pour l’homme si on lui donnait davantage de libertés. C’est donc aussi un roman féministe qui interroge les conditions de vie des femmes afghanes.

Dans la prison pour femmes où Zeba va se trouver dès le début du roman, le lecteur va découvrir les portraits de multiples femmes qui sont toutes là pour des crimes moraux alors qu’elles ont juste envie d’amour, de mariage et de liberté. Par exemple, certaines sont emprisonnées parce qu’elles sont tombées amoureuses ! On ne peut donc que s’interroger et s’indigner par rapport à ses mœurs et coutumes…

Par la suite, l’histoire de Zeba, son passé, les questionnements de son fils aîné ou encore le soutien de sa mère m’ont beaucoup touché, mais je ne voudrais pas trop vous en révéler. C’est un roman qui nous promet une immersion dans le quotidien de plusieurs personnages, tout en restant centré sur la prisonnière dont la sentence se rapproche de jour en jour…

En bref, je vous recommande vivement ce roman qui est une fenêtre sur la culture afghane. On y apprend beaucoup de choses sur les mœurs et coutumes du pays, mais aussi sur la justice en place. Par le biais de l’enquête et des différents personnages présentés, c’est aussi une littérature du voyage qui ne cesse de nous interroger.

Phebusa

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