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06 avr 2016

Titre : Le Bleu entre le ciel et la mer

Date de parution : Janvier 2016.

Auteure : Susan Abulhawa.

Editeur : Denoël.

Pages : 418.

1947. La famille Baraka vit à Beit Daras, village paisible de Palestine entouré d’oliveraies. Nazmiyeh, la fille aînée, s’occupe de leur mère, une veuve sujette à d’étranges crises de démence, tandis que son frère Mamdouh s’occupe des abeilles du village. Mariam, leur jeune sœur aux magnifiques yeux vairons, passe ses journées à écrire en compagnie de son ami imaginaire. Lorsque les troupes israéliennes se regroupent aux abords du village, Beit Daras est mis à feu et à sang, et la famille doit prendre la route, au milieu de la fumée et des cendres, pour rejoindre Gaza et tenter de se reconstruire dans l’exil.
Seize ans plus tard, Nur, la petite-fille de Mamdouh, s’est installée aux États-Unis. Tombée amoureuse d’un médecin qui travaille en Palestine, elle décide de l’y suivre. Un voyage au cours duquel elle découvrira que les liens du sang résistent à toutes les séparations – même la mort.
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Une excellente lecture

Tout d’abord, je remercie les éditions Denoël et Clélia pour m’avoir permis de faire une belle découverte ! J’avais encore envie de tenter un contemporain dont le récit pourrait faire écho à notre monde où perdure le conflit israélo-palestinien.

Il faut savoir que ce livre requiert quelques connaissances pour tout bien comprendre. De fait, la Palestine est le terrain du conflit de plus en plus violent entre Arabes et Juifs palestiniens. En 1948, suite à la création de l’état d’Israël pour les Juifs, ces derniers se rendent en Palestine qui était déjà occupée par d’autres habitants.

Ce livre décrit ainsi la souffrance des Arabes palestiniens qui doivent s’exiler… Les soldats sionistes, c’est-à-dire juifs, sont décrits de façon péjorative. Ils sont corrompus et vicieux, puisqu’ils vont jusqu’à violer les femmes arabes qui partent du pays. En effet, dès les cinquante premières pages, j’ai été choquée par la violence des faits racontés. Et les tragédies s’enchaînent !

C’est un roman qui décrit les choses telles qu’elles sont et qui, en plus de nous documenter sur l’Histoire, nous touche profondément puisque nous suivons une famille entière sur plusieurs générations. J’ai apprécié l’arbre généalogique qui rappelle les liens entre les membres de la famille. N’ayant pas l’habitude de voir ces prénoms étrangers – Nazmiyeh, Nur, etc. – et au vu du nombre important de personnages, j’avais un peu de mal à m’y retrouver. Aussi, les mots arabes inclus dans le récit pourront dérouter certains lecteurs. Il ne faut pas trop traîner pour lire ce livre car ça doit être dur de raccrocher les wagons en cours de route…

Même si c’est une histoire globalement difficile, j’ai retrouvé quelques moments poétiques grâce au lien mystique qui unit deux personnages à travers le temps et les générations. Une chanson peut d’ailleurs expliquer le titre mystérieux : « Oh trouve-moi / Je serai dans ce bleu / Entre le ciel et la mer / Où se concentre désormais le temps / Et nous sommes l’éternité / Qui s’écoule comme la rivière. » Si cela peut nous paraître quelque peu absurde au début de l’histoire, on comprend de mieux en mieux les croyances des personnages et la réalité des faits.

En bref, Le Bleu entre le ciel et la mer décrit la réalité quotidienne d’une famille au sein du conflit israélo-palestinien. Il faut avoir le cœur bien accroché car il y a beaucoup de moments difficiles, mais il est aussi question d’amour et de courage. Je vous recommande ce roman plein d’émotions qui sait susciter la réflexion.

Phebusa

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