Phebusa
08 Juin 2018

Titre : Le Gardien de nos frères.

Date de parution : Mai 2018.

Auteurs : Ariane Bois.

Editeur : Charleston (Poche).

Pages : 368.

Rien ne prédestinait Simon et Léna à se rencontrer. Lui appartient à la bourgeoisie juive parisienne, patriote, laïque et assimilée ; il a été maquisard et blessé au combat. Elle est issue d’un milieu de petits commerçants polonais et a réussi à survivre au Ghetto de Varsovie. En 1945, la guerre leur a tout pris. Chacun de leur côté, ils vont accepter une mission très particulière : rechercher des enfants juifs cachés par leurs parents dans des familles, des orphelinats ou des couvents, quand il s’avère que ceux-ci ne rentreront pas des camps. Simon parce que son petit frère Elie a disparu dans des conditions mystérieuses ; Léna car elle espère ainsi redonner du sens à sa vie. Et cela va les entraîner bien au-delà de ce qu’ils auraient pu imaginer. C’est l’histoire de deux jeunes révoltés qui, dans une France exsangue, vont se reconstruire grâce à la force de l’amour. De Paris à Toulouse, d’Israël à New-York, un roman d’aventure porté par le souffle de l’Histoire.
bonne lecture
Une bonne lecture
Tout d’abord, je remercie les éditions Charleston pour la découverte de ce roman qui a remporté le prix Wizo, créé en 1978 pour promouvoir les œuvres littéraires françaises d’intérêt juif. J’ai apprécié découvrir l’histoire de Simon, liée à l’Histoire même du XXème siècle, mais je n’ai pas été aussi emportée que je ne l’espérais.

Dès les premières pages, nous découvrons Simon, un homme célibataire âgé de quarante-trois ans vivant à New York, qui s’intéresse aux guerres de son époque – 1967 – à savoir le conflit israélo-palestinien. Le récit ne va pas traiter en détail de ce conflit, car un retour-arrière va nous emmener en 1944. Ce souvenir est permis grâce à une phrase qu’il va entendre : « De la chouette au merle blanc, Le chargeur n’a que vingt balles. » Ce langage codé, émis par Radio Londres, annonçait les parachutages lors de la guerre.

Néanmoins, le thème d’Israël revient de manière implicite tout au long du roman puisqu’il est également question du peuple juif durant la Seconde Guerre mondiale, tout comme en 1967 où un terrible enjeu est annoncé : « Rayer Israël de la carte ou jeter tous les Juifs à la mer […] »

Tout cela annonce un roman documenté – comme en témoigne la bibliographie présente à la fin – qui nous permet d’accéder à une réalité inhumaine, où Simon survit dans une ville envahie par les nazis qui multiplient les rafles. Il noue des amitiés et entreprend des voyages car sa famille est constamment en danger. Bien entendu, il est évident que tout ne se passera pas comme le protagoniste le souhaite et qu’il y aura des moments difficiles, mais il cherchera sans cesse une raison d’espérer, face à cette incompréhension généralisée.

Je n’ai pas particulièrement accroché à cette première partie du roman car, même si le récit utilise du vocabulaire riche et précis, je me suis lassée de ces événements que l’on a l’impression de trop bien connaître. Cependant, j’ai davantage apprécié la suite car l’originalité de ce roman réside dans l’étude des services sociaux et des orphelins de guerre. En effet, les dépisteurs recherchent ces enfants juifs dont la vie a été bouleversée à cause de la guerre.

C’est seulement à la moitié du roman qu’apparaît Léna, comparée à Marie Walewska, l’amour polonais de Napoléon. Avec son aide, Simon va rechercher un membre de sa famille dont il n’a pas eu de nouvelles durant un long moment de l’histoire. Est-il encore vivant ? A-t-il refait sa vie et l’a-t-il oublié ? Il y a différentes façons de perdre un proche durant cette période. Simon l’apprendra à ses dépens : « Il s’endort en songeant à la vie, une punition imméritée, incompréhensible, démentielle. »

En bref, après un démarrage difficile, j’ai apprécié ce roman qui narre les destins brisés de multiples personnages durant la Seconde Guerre mondiale. Que sont devenus les enfants juifs à la fin de la guerre ? Cette histoire poignante et pleine d’émotions vous en dira plus.

Phebusa

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1 Commentaire

  1. feflie

    J’adore les romans se passant pendant la guerre mais maintenant que j’y pense je n’ai (pratiquement) jamais rien lu se passant juste après. En tout cas, le résumé et ta chronique donnent envie de se plonger dans ce livre !

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