Phebusa
23 mar 2016

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Date de parution : 3 mars 2016.

Auteure : Karine Giebel.

Editeur : Belfond.

Pages : 528.

« Le temps de l’impunité est révolu. Le temps des souffrances est venu. » Elle ne m’aimait pas. Pourtant, je suis là aujourd’hui. Debout face au cercueil premier prix sur lequel j’ai posé une couronne de fleurs commandée sur internet. Car moi, j’ai voulu l’aimer. De toutes mes forces. De force. Mais on n’aime pas ainsi. Que m’a-t-elle donné ? Un prénom, un toit et deux repas par jour. Je ne garderai rien, c’est décidé. A part le livret de famille qui me rappelle que j’ai vu le jour un 15 mai. De mère indigne. Et de père inconnu. Lorsque j’arrive devant la porte de mon ancienne chambre, ma main hésite à tourner la poignée. Je respire longuement avant d’entrer. En allumant la lumière, je reste bouche bée. Pièce vide, tout a disparu. Il ne reste qu’un tabouret au centre de la pièce. J’essuie mes larmes, je m’approche. Sur le tabouret, une enveloppe. Sur l’enveloppe, mon prénom écrit en lettres capitales. Deux feuilles. Écrites il y a trois mois. Son testament, ses dernières volontés. Je voulais savoir. Maintenant, je sais. Et ma douleur n’a plus aucune limite. La haine. Voilà l’héritage qu’elle me laisse.

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Une excellente lecture

Tout d’abord, je remercie Belfond et Célia pour m’avoir permis de lire le nouveau roman de Karine Giebel. Pour ma part, c’est le premier de l’auteur que je lis donc je ne pourrais pas comparer avec ses autres ouvrages. En tout cas, j’ai été emportée par un style d’écriture efficace qui m’a fait lire ce livre à un rythme effréné. En effet, j’ai dévoré ces cinq-cents pages en deux jours !

J’ai été intriguée par le résumé qui constitue le prologue même de l’histoire. C’est au premier chapitre que l’on débute une nouvelle histoire, apparemment sans rapport avec ce qui nous a été précédemment raconté. J’ai bien compris que quelqu’un en soif de vengeance va se retrouver tôt ou tard dans le récit, mais qui est cette personne ? C’est la question que l’on se pose tout au long du roman.

Dès le début de l’intrigue, il faut avoir le cœur bien accroché car il est question d’un viol et d’un massacre animalier. Cette scène est assez dure à supporter, mais heureusement la suite du roman est globalement moins violente. L’intrigue part davantage dans une trame psychologique avec un huis-clos au sein d’une famille qui se fait harceler par un inconnu.

De fait, un individu revient à la charge tout au long du roman, que ce soit par des agressions, des lettres, etc. et contribue à la création d’une atmosphère inquiétante. Karine Giebel nous propose une belle palette de personnages que l’on soupçonne un à un : le père, la belle-mère, la fille, le garde du corps, les domestiques de la maison, etc. Il est difficile de tirer les ficelles et d’y voir clair car les personnages se montrent à la fois secrets et protecteurs…

La narration se joue elle aussi du lecteur puisqu’il existe de multiples points de vue au sein même des chapitres. A certains moments donnés, chaque paragraphe symbolise le mouvement d’une caméra qui se déplace dans la chambre d’un tel puis dans la maison d’un autre, notamment dans celle du « meurtrier ».

Enfin, la fin étonnante permet de bien éclairer le début. Karine Giebel est sans pitié avec son lecteur mais aussi avec ses personnages. L’histoire propose de belles surprises et un flot d’émotions qui nous fait retenir notre souffle. Néanmoins, disons-le : les ficelles sont quand même assez grosses et les personnages sont quelque peu caricaturaux, mais cela marche bien et c’est le principal. J’ai hâte de découvrir les autres œuvres de l’auteure !

En bref, j’ai apprécié De Force, ce thriller surprenant qui s’intéresse davantage aux thèmes de la vengeance et de la culpabilité qu’aux meurtres. J’ai lu ce roman sous tension grâce à une atmosphère oppressante où les apparences sont trompeuses et les secrets très nombreux. La fin m’a laissée bouche bée !

Phebusa

 

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3 Commentaires

  1. Océane - Entournantlespages

    J’ai bien apprécié ce thriller même si je e trouve en dessous de ceux que l’auteur a déjà écrit comme Juste une ombre ou Les morsures de l’ombre. Le huit-clos est intéressant mais je n’ai pas eu une réelle empathie pour les personnages et j’ai deviné la fin dès les 80 premières pages. Mais j’ai quand même réussi à passer un bon moment.

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